Pierres gemmes fines : les plus précieuses des ornementales

Pour monter leurs bijoux, les joailliers utilisent de nombreux métaux et pierres de grande valeur. Ces dernières portent le nom générique de gemmes, qui englobent l’ensemble des matières minérales, rocheuses ou organiques, taillées ou polies pour la confection d’accessoires divers.

 

Eu égards à leur diversité, les gemmes ont été réparties en deux grandes catégories : les pierres précieuses et les pierres semi-précieuses. Dans le premier groupe, très restreint, figure le diamant, le rubis, l’émeraude et le saphir. Dans le second lot, beaucoup plus large, on retrouve des dizaines de pierres.

 

Pierres fines, un terme plus propre

 

Cette distinction s’appuie sur des critères que l’on veut objectifs. Pour être désignée comme précieuse, une pierre doit avoir une taille ou une forme facile à mettre en valeur, un poids en carat correspondant à la taille, une transparence et une certaine pureté, ainsi qu’une belle couleur ou de la rareté (comme dans le cas du diamant). Ce sont ces critères qui déterminent et justifient le prix de ces gemmes. Toutefois, les semi-précieuses aussi sont parfois transparentes ou au moins opalisées (blanchâtre et légèrement transparent), faciles à tailler et rares. Ces caractéristiques poussent à remettre en cause la frontière avec les précieuses. Il en découle une confusion totale.

 

Afin de réduire cette confusion, le décret n°2002-65 du 14 janvier 2002 interdit en France l’appellation « pierres semi-précieuses » dans le commerce des bijoux. Elle a été remplacée par le terme « pierres fines » ou « pierres ornementales ». Cette dénomination est en concordance avec la nomenclature de la CIBJO2 (commission internationale bijouterie, joaillerie, orfèvrerie) qui ne fait pas de différences entre les deux catégories de pierres.

 

Une couleur unique ou multicolore

 

Les gemmes ornementales peuvent être d’origine minérale, rocheuse ou organique (autrement dit issues de matières vivantes). Elles sont souvent translucides ou opaques, de diverses tailles et formes et de dureté variable. Mais leur caractéristique principale reste leur apparence. S’il y en a avec une couleur unique, la plupart présentent différents tons. Certaines ont même des couleurs qui peuvent changer selon l’orientation (la position par rapport à la lumière du soleil).

 

Les bijoutiers recherchent particulièrement cette chatoyance pour monter des accessoires d’une beauté rare comme les bagues, les boucles d’oreilles et les bracelets. En lithothérapie on trouve aux pierres fines un intérêt particulier. Chacune d’elles auraient une vertu thérapeutique sur le plan moral et/ou physique. Parmi les pierres fines ou ornementales citons : agate, ambre, améthyste, aventurine, béryl, calcédoine, citrine, cornaline, cristal, grenat, jade, lapis-lazuli, malachite, œil-de-tigre, onyx, opale, quartz, serpentine, turquoise, tanzanite, tourmaline, vanadinite, zircon, etc.

 

Une utilisation qui remonte aux civilisations anciennes

 

Depuis l’Antiquité, les gemmes fines font l’objet d’un commerce partout dans le monde, particulièrement en Asie et en Europe. Elles plaisent par leur chatoyance et leur accessibilité. Dans les civilisations anciennes, elles servaient à la fabrication d’artefacts ornementaux comme les sceaux, les amulettes et les vases. On les utilisait également dans la confection de bijoux de toute sorte. En Egypte antique, par exemple, le lapis lazuli incarnait le ciel, la malachite symbolisait la végétation et la cornaline représentait la terre. Les accessoires étaient portés autant par les hommes que les femmes et par toutes les classes sociales.

 

Dans l’empire romain, les pierres fines rentraient aussi dans la composition des bijoux. Elles ont été apportées à Rome par les soldats revenus de conquêtes territoriales, surtout d’Extrême-Orient. Ils avaient ramené, entre autres, le saphir, la topaze, le lapis-lazuli, la turquoise, la cornaline, l’agate et le jaspe. Les femmes en portaient énormément, parfois avec extravagance, au point de motiver une loi, la Lex Oppia. Celle-ci punit d’une forte amende toutes celles qui en arboraient en grand nombre. Mais cet édit fut abrogé en 195 avant J.C. à la suite d’une manifestation de femmes révoltées.

 

 

Pierre de Topaze sous forme brute. Origine photo : Musée de Minéralogie | Crédit image : BijouxMarket.fr

Les pierres fines pour les bijoux fantaisie Au Moyen-âge, le saphir, le rubis et le spinelle s’ajouteront à l’ambre pour faire les beaux jours de la joaillerie. Ces matières rentraient principalement dans la composition des couronnes en Europe. On les appelait alors des « diamants », un terme générique à l’époque pour désigner tous les beaux minerais. L’intérêt pour ces merveilles de la nature deviendra vive à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, pendant l’Art Nouveau français. Ce mouvement a réintroduit le goût pour les pierres ornementales. Pendant cette période, les bijoutiers intègrent des matériaux moins habituels comme l’émail, le verre, le bois, la corne ou encore le nacre. Aujourd’hui encore ils sont très à la mode actuellement pour leurs multiples coloris. On en use énormément pour la confection de bijoux fantaisie.

 

L’améthyste pierre quartz naturelle sous forme brute. Origine photo : Musée de la Minéralogie Paris | Crédit photo BijouxMarket.fr 2021

Sommaire:

Aventurine une variété de quartz

 

L’aventurine est une variété de quartz, une grande famille de minéraux dans laquelle l’on retrouve notamment la cornaline, la citrine, l’améthyste et le quartz rose. Elle appartient plus précisément au groupe des Oxydes, composés résultants de la combinaison d’un corps avec l’oxygène. Sa composition chimique est SiO2. L’aventurine tient son nom de l’italien « per aventura » qui signifie « par aventure » ou plus proprement « par hasard ». « Aventura » provient lui-même du latin populaire « adventura » qui veut dire « ce qui doit arriver », une expression dérivée du verbe « advenire » (« se produire », « advenir »). L’ancien français en a sorti le mot « aventure », qui signifiait « sort » ou « destin ». Aujourd’hui, ce terme renvoie à une histoire ou une péripétie, une entreprise comportant des difficultés et une relation amoureuse.


La dénomination « per aventura » de l’aventurine remonterait au XVIIIe siècle (aux alentours de 1700 plus exactement). Un verrier de l’île de Murano, tout près de Venise, aurait versé accidentellement de la limaille de cuivre dans du verre en fusion. Une maladresse qui donna naissance à un verre décoratif contenant une constellation de paillettes. Par la suite, ce matériau obtint un grand succès et devint l’adventurine ou aventurine.
Les maîtres verriers vénitiens en firent une spécialité et gardèrent sécrètes, les techniques de fabrication acquises par hasard. Ce succès a eu pour désavantage de faire passer pour de l’aventurine, tous les matériaux parsemés de petits points brillants (on appelle cet aspect de l’aventurescence). Pourtant, d’autres minéraux présentent cette caractéristique, comme la pierre iolite ou cordiérite et certains feldspaths (pierre de soleil, notamment). D’ailleurs, certains commerçants tentent parfois de proposer le jade et l’amazonite, faisant croire qu’il s’agit de l’aventurine.

Des outils en aventurine dès la préhistoire

Bien que son nom ait été officiellement donné au XVIIe siècle, l’histoire de l’aventurine remonte à plus de 2,5 millions d’années avant notre ère. Mais, il faudra attendre la préhistoire pour observer une utilisation plus formelle. En Ethiopie ancienne, notamment, on fabriquait des outils à partir de cette pierre fine. En Europe, les mythologies et traditions en font rarement mention. Une absence assez curieuse à laquelle des gemmologues ont tenté d’apporter une explication. On pense que les peuples anciens employaient un autre nom pour parler de l’aventurine.
En effet, certains écrits font cas de l’exploitation, en Egypte antique, d’un quartz verdâtre micacé dans les mines. Ce minerai pouvait être de l’aventurine. Au Moyen-âge, Jean de Mandeville, un explorateur et naturaliste belge évoque aussi un matériau qui fait penser à l’aventurine moyenâgeuse. « Pierre verde goutée comme de gouttes d’or : cette pierre donne « moult » de biens à celuy qui la porte. Elle est bonne à gens qui sont peureux car elle donne hardiesse, bon sens et bonnes contenances, grâce et honneur… », écrivait-t-il en ancien français.
Jean de Mandeville la considérait comme une pierre sainte qui aurait des effets sur celui qui le porte. On se rapproche donc de ce qu’en dit la lithothérapie actuelle. Celle-ci lui donne de nombreuses vertus tant sur le plan mental (absorbe les ondes néfastes, stimulerait la créativité, faciliterait la méditation, etc.) que sur le plan physique (améliore les troubles circulatoires, équilibre la tension artérielle, atténue les maux de tête, etc.).

Des sites d’exploitation en France

Dans la nature, l’aventurine présente un système cristallin rhomboédrique. Elle s’est formée dans les roches magmatiques, dans les pegmatites et les veines hydrothermales, en particulier. On la trouve en petits filons dans les schistes ou dans les alluvions à peu près partout dans le monde. Mais, les principaux gisements se situent au Brésil (État du Minas Gerais), en Inde (État du Tamil Nadu), en Russie (Oural et Sibérie) et aux Etats-Unis (État du Vermont). Des lieux d’extractions existent également en Afrique (Tanzanie), en Asie (Tibet), en Europe Centrale (Bohème, Silésie) et Occidentale (Autriche, Allemagne, Espagne, France). En Hexagone, les sites ont été identifiés en Bretagne (le Finistère) et dans le Pays de Loire (Loire Atlantique, près de Nantes).

Montée avec des bijoux en métal blanc

Aussi bien être translucide qu’opaque, l’aventurine se présente sous plusieurs couleurs. Cependant, les plus fréquentes sont le vert et le bleu (aussi appelé la dumortiérite), même si on peut trouver couleurs pêche, brunes rouges et orangées. Toutes ces teintes et cet éclat vitreux sont dus à des inclusions de fuchsite, un mica riche en chrome de l’espèce muscovite. Il existe d’autres inclusions telles que la pyrite, l’hématite, la goethite ou l’ilménite. Dans le commerce, les aventurines présentant une aventurescence suffisante sont très rares. Celles qu’on trouve à la vente n’en ont généralement aucune ou n’en ont pas suffisamment. L’aventurine est généralement taillée en cabochon et se monte sur des bijoux en métal blanc, comme l’argent et l’or blanc.

L’ambre, une résine sécrétée par des conifères

Contrairement à ce que l’on pense, l’ambre n’est pas un minéral, mais un végétal. Il s’agit plus proprement d’une résine sécrétée par des conifères ou des plantes à fleurs, il y a des millions d’années, et qui s’est fossilisée au cours d’un très long processus. Du fait de ses caractéristiques, on le classe parmi les pierres fines ou ornementales. Elle appartient à la même catégorie que la nacre, les perles, le corail, l’ivoire et le jais. Cette gemme d’origine organique tire son nom de l’arabe « anbar », lui-même dérivé de « anabir », qui signifie cachalot. A l’origine, ce terme désignait l’ambre gris, une concrétion intestinale de cachalot. Cette substance aromatique servait de fixateur ou d’adjuvant en parfumerie.
Le nom originel arabe de cette matière s’étendra ensuite à l’ambre jaune, la pierre végétale utilisée en bijouterie. Ce rapprochement a été facilité par le fait que l’ambre jaune et l’ambre gris étaient tous les deux récoltés sur les bords de mer. Aussi, durant l’Antiquité, les Grecs nommaient l’ambre jaune « élektron », un mot qui a donné en français le vocable « électricité ». Cette appellation s’inspire de travaux de Thalès (inventeur du fameux théorème), qui découvrit les propriétés électrostatiques de la résine. En effet, quand on frotte la sur un tissu, du papier, de la paille ou des cheveux, on peut observer qu’il se produit de petites étincelles. On constate aussi qu’elle attire à elle ces matériaux.

Un aimant pour certaines matières

Dans la préhistoire, les hommes utilisaient l’ambre comme une colle, pour étanchéifier les embarcations, par exemple. Et les femmes se servait des perles d’ambre ramassées sur les plages ou à la surface de l’eau pour confectionner des ornements. On suppose aussi que cette pierre était d’usage en Egypte antique. En effet, les archéologues exhument régulièrement des objets et des bijoux en ambre dans les tombes des pharaons. Aujourd’hui, dans la bijouterie-joaillerie, cette résine fossile est toujours autant recherchée pour sa douceur et sa facilité à se laisser à polir. On peut lui faire prendre des formes diverses pour obtenir des bijoux parfaits.

Des propriétés appréciées en bijouterie et en lithothérapie

De nos jours, il existe de plus en plus de fausses pierres. L’ambre originale se reconnaît par sa capacité à se déformer au contact d’une forte source de chaleur. Il arrive même qu’elle fonde et dégage une odeur de pin. En outre, l’ambre vraie présente diverses couleurs, du jaune le plus pâle au brun le plus sombre, mais elle est surtout jaune orangé, miel ou cognac. Ces couleurs apportent de la chaleur aux accessoires composés avec ce matériau. On peut trouver aussi de l’ambre vert ou bleu. Toutefois ces teintes restent assez rares dans la nature. Les gemmologues ont souvent observé des bulles d’air emprisonnées par la résine. Ces inclusions sont particulièrement appréciées.
Pierre d’été et de lumière, l’ambre symbolise d’abord le soleil. Puis, la pureté, la jeunesse éternelle et l’immortalité. On lui accorde ces derniers attributs parce qu’elle renferme des millénaires d’histoire. Cela se perçoit à travers les végétaux et petits animaux emprisonnés dans sa résine fossilisée. En astrologie, l’ambre correspond aux signes de la Vierge, aux Gémeaux et au Lion. En lithothérapie, on pense qu’elle impacte positivement le physique et le moral de la personne qui le porte. On la conçoit aussi comme une pierre de protection contre divers maux (rhume, douleurs dentaires des bébés, mal de gorge, etc.).

Les gisements concentrés autour de la mer Baltique

Au niveau de la composition, l’ambre est essentiellement constitué d’isoprène, une molécule qui polymérise avec le temps, sous certaines températures. Ce processus biologique transforme la résine en ambre jaune solide et lui permet l’intégration d’éléments comme l’acide succinique et des molécules de la famille des terpènes. Ces hydrocarbures sont produits majoritairement par les conifères.
On retrouve de nos jours les principaux gisements d’ambre dans les pays autour de la mer Baltique : Danemark, Allemagne, Pologne, Lituanie, Estonie, Lettonie, Russie, Finlande et suède. Cette forte présence de l’ambre dans la région remonte à l’Eocène, une époque géologique ancienne, qui s’étend entre 56 à 33,9 millions d’années avant le Présent. C’est-à-dire de l’émergence des premiers mammifères modernes à leur extinction massive. Durant cette période, les arbres ont déposé leur résine dans les sédiments de terres.
L’ambre employé dans la bijouterie-joaillerie est ainsi principalement extrait autour de la mer Baltique. Toutefois, il existe des gisements ailleurs dans le monde. Par exemple en Grande Bretagne, en France, au sud du Mexique, en République dominicaine (dans les Caraïbes) et à Myanmar (ex Birmanie). Les gemmes issues de ce dernier pays intéresseraient fortement bijoutiers et paléontologues pour leurs fortes inclusions d’insectes.

Œil de tigre la pierre « message »

L’œil-de-tigre est un minéral de la grande famille des Quartz, elle-même appartenant au groupe des Oxydes, de composition chimique SiO2. Son nom serait tiré de sa ressemblance avec un œil et de ses couleurs chatoyantes, qui rappellent le pelage du tigre. L’autre nom de cette pierre fine est le Quartz œil de chat. A l’origine, les habitants de la Mésopotamie la nommaient « Oculus Belus ». « Oculus » est un terme latin qui signifie « œil » et « Belus » est le nom de la divinité de la fortune. D’où le fait qu’elle reste encore aujourd’hui le symbole de la chance. C’est seulement après l’Antiquité que le terme « œil de tigre » sera formellement employé à la place d’« Oculus Belus ».
L’œil de Tigre est généralement opaque, mais il peut être transparent ou si l’on veut translucide. Cette pierre offre un vitreux et des reflets chatoyants renforcés par des teintes variées, comme le jaune, le marron, le brun et le mordoré. Toutefois, elle ne présente aucune fluorescence, qu’elle soit bombardée de rayons ultraviolets longs ou courts. Sa dureté est de 7 sur l’échelle de Mohs et a une densité de 2,68.

L’œil-de-tigre dans l’Antiquité et au Moyen-âge

Malgré son apparence très particulière, l’œil de tigre est peu mentionné dans les anciens récits et dans les traditions. Les premières traces de ce minéral apparaissent en Mésopotamie (de 3800 à 1600 avant JC). On l’appelait à l’époque « Oculus Belus ». L’on raconte que les hommes, avant de partir pour un long voyage, trempaient une amulette en œil-de-tigre dans du lait pour le donner à boire à leur femme. Cela leur donnait la garantie, dit-on, qu’ils ne tomberont pas sur une grossesse à leur retour, en cas d’infidélité de leur épouse.
On dit aussi que les guerriers romains portaient une amulette en œil de titre afin de se protéger des blessures durant les batailles. On lui attribuait aussi la capacité de stimuler la force et le courage en tout soldat. Au Moyen-âge, l’œil de tigre était plutôt considéré come un repoussoir de mauvais esprits. On en usait donc volontiers au cours des chasses aux sorcières. Aujourd’hui, l’œil-de-tigre continue de servir de pierre de protection. Elle aurait d’autres bienfaits sur le système nerveux, les articulations, et combattrait des maux tels que les rhumatismes et l’arthrose.

Formation et composition

En plus de cristaux, l’œil de Tigre est principalement constitué de deux minéraux : l’hématite, composé d’oxyde de fer, et l’amphibole, un silicate de fer, de calcium ou de magnésium. Cette pierre fine de formation sédimentaire se caractérise par un aspect fibreux, dû à la présence du minéral de crocidolite, surnommé l’amiante bleu. Elle se formerait dans les granites alcalins et les pegmatites, à l’issue d’un lent processus appelé pseudomorphose.
Les géologues supposent que tout a commencé avec le crocidolite, qui s’est décomposé en oxyde de fer, puis en cristaux de Silice, en suivant la structure fibreuse originelle. Cette altération ou dissolution a laissé des traces de résidus de fer qui ont donné au minerai sa teinte jaunâtre et brunâtre. Au fil du temps, les zones de chatoyance s’y sont ajoutées grâce à la réflexion de la lumière sur les fibres d’amiante bleu. Une autre théorie suggère une altération de la crocidolite d’origine par fissurations et craquements, comme pour les silicates formant des veines de quartz.

Où se trouvent les principaux gisements ?

L’Œil de Tigre se trouve un peu partout sur la planète, surtout en Afrique du Sud (précisément dans les mines de Griekwastad non loin du désert de Kalahari) et au Sri Lanka, qui disposent des plus importants gisements. D’autres sites secondaires se situent en Australie (Wittenoom Gorge, Marra Mamba), aux États-Unis (Californie, Arizona), Chine (Hunan), en Inde, en Namibie, en Birmanie, à Madagascar et en Russie. Ces mines se sont pour la plupart localisées parmi des gisements de serpentine ou le long de cours d’eau.

Une pierre abordable en bijouterie-joaillerie

Dans la bijouterie-joaillerie, l’œil-de-tigre est le plus souvent taillé en cabochon, poli et serti ou en perles. Cette technique permet de mettre en valeur la chatoyance de la pierre et de conserver toutes ses irisations ainsi que ses nuances, du jaune doré au marron, en passant par le mordoré. Comme c’est une pierre très abordable, l’œil de tigre s’ouvre à plusieurs possibilités en bijouterie, notamment dans le genre fantaisie. On peut parfaitement l’associer à d’autres métaux comme l’argent et le plaqué or. A noter : il existe des techniques artificielles pour reproduire l’œil de tigre. Dans ces procédés, on se sert du verre à fibre optique afin d’obtenir la profondeur de couleur caractéristique de cette pierre.

Une pierre ornementale dure et translucide

Le jade est une pierre ornementale dure et translucide, d’un grain très fin et lisse. Ce silicate d’alumine et de chaux de la famille des augites, peut présenter des tons variés allant du blanc crème au vert olive foncé. Ces couleurs dépendent des proportions d’oxyde de fer et d’oxyde de chrome entrant dans sa composition. On retrouve aussi du jade avec une teinte brune ou rougeâtre. Pour être plus précis, le jade ne désigne pas une gemme particulière, mais deux minéraux différents de couleurs similaires : la jadéite et la néphrite.
La première roche appartient à la famille des silicates. Elle présente une couleur blanc verdâtre, verte, jaunâtre ou grise. Translucide sur les bords, elle offre un éclat vitreux et gras. Quant à la seconde pierre, elle est également de la famille des silicates. Mais sa teinte tire spécifiquement au vert (parfois de blanchâtre à jaunâtre). Elle est translucide avec un éclat vitreux. Les couleurs de la jadéite sont ainsi beaucoup plus étendues que celles de la néphrite. Par conséquent la jadéite a de plus grandes proportions d’éléments colorants. Parmi elles figurent les sels de chrome qui accentuent le vert, le titane qui produit du noir et le fer qui donne du rose quand il est associé au manganèse.

Les principaux gisements

La jadéite nait de l’action conjuguée de très hautes pressions et d’une température assez basse, entre 200 et 300 degrés. La néphrite, elle, se forme par le biais d’une migration de minéraux entre une roche et du magma venu des profondeurs de la Terre. On trouve la première forme en agrégats grenus et cryptocristallins, et le seconde en agrégats massifs et microcristallins. Mais, contrairement à la néphrite, la Jadéite est une roche extrêmement rare. On ne compte que 10 à 12 gisements mondiaux. Le plus important se situe dans l’état Kachin, en Birmanie (Myanmar), une région frontalière de la Chine.
Viennent ensuite les gisements de la vallée Motagua en Guatemala, (autrefois exploité par les peuples précolombiens que sont les Mayas, les Toltèques et les Aztèques) et d’Omi-gawa et Kotaki-gawa au Japon. Des sites ont été aussi identifiés en Russie (Urals polaires, Sayan occidental, Khakasse, etc.), au Kazakhstan (Itmurundy) et aux Etats-Unis (Serpentinite de New Idria en Californie). On trouve même de la Jadéite en France, dans les Alpes et en Corse. Quant à la néphrite, plus répandue et donc plus précieuse, on l’exploite principalement en Chine, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Australie, au Brésil et en Russie.

Ce qu’en dit l’astrologie et la lithothérapie

Le jade est la pierre de prédilection des Chinois. Ils l’utilisaient déjà il y a 9 000 ans pour diverses raisons. D’abord comme une pierre sacrée, signe de l’intégration des essences vivantes du Ciel et de la Terre, puis comme symbole de l’honnêteté et de la justice. Les Chinois anciens portaient également des bijoux en jade en signe de fidélité et de bienveillance. Les guérisseurs traditionnels, eux, en appréciaient les vertus thérapeutiques. De nos jours, la néphrite s’utilise en lithothérapie pour soigner tous les problèmes rénaux et urinaires, la grippe, les migraines, la stérilité, entre autres.
En astrologie chinoise, douze animaux sont associés à cette gemme, dont le Bœuf, le Tigre, le Dragon, le Serpent, le Singe et le Coq. Au niveau des planètes, c’est Jupiter et Pluton qui lui correspondent. Par ailleurs, le jade aurait des effets bénéfiques sur les Gémeaux, le Lion, la Balance et le Capricorne.

Considérée comme la pierre de la Chine

Le jade a surtout une fonction décorative ou esthétique. Autrefois, les femmes portaient les bijoux et ornements en jade pour marquer leur rang et leur statut social. Celles qui appartiennent à la classe noble, arboraient des colliers, des bracelets, des pendentifs ou des boucles d’oreilles faits de cette gemme précieuse. Ces parures brillant de mille feux soulignaient aussi leur beauté à l’occasion de fêtes et cérémonies. Un tel effet est toujours largement recherché aujourd’hui par les femmes européennes. Cette pierre fait ainsi le bonheur des bijoutiers sur le vieux continent. Cependant, grâce à sa longue histoire avec le jade, la Chine est considérée comme la terre de cette gemme. D’ailleurs, c’est l’Empire du milieu qui détient les meilleures techniques de fabrication.

La beauté dans le vert intense, les traces et les traînées

En Europe, les bijoutiers ont véritablement commencé à utiliser le jade à partir du XVIe siècle grâce à l’implantation portugaise en Chine. Contrairement aux Chinois qui apprécient davantage le jade blanc ou jaune, les artisans occidentaux ont tendance à préférer le ton vert. Généralement, ils sculptent ou taillent ce minerai en cabochons pour obtenir diverses formes, suivant leur inspiration. Leur inventivité se laisse d’autant aller que tous les métaux s’associent avec la nuance de vert. Les bijoutiers et joailliers recherchent aussi de petits « défauts » sur la pierre, tels que les traces et traînées, qui peuvent apporter du charme aux bijoux.

L’agate est une pierre ornementale du genre calcédoine

Il s’agit plus précisément d’une variété de quartz, de taille comprise entre 50 et 100 nm. Elle appartient à la même catégorie que l’onyx, le jaspe, la cornaline, la sardoine ou encore l’héliotrope. L’agate se distingue par des couches successives de couleurs ou tons, dont le gris, le bleu doux, le jaune et le marron. Cette pierre tire son appellation du latin achates, nom d’un cours d’eau de Sicile près duquel elle aurait été découverte dans l’Antiquité.
Pratiquement toutes les civilisations d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie ont exploité l’agate dans les temps anciens. Mais son utilisation première est attestée dans la bijouterie égyptienne, dès la Haute Antiquité. Cette pierre servait alors à confectionner des amulettes, des récipients et divers artefacts (vases, objets cultuels, etc.). Un usage similaire était en cours en Mésopotamie, chez les Hébreux, les Grecs et les Romains. On accordait à l’agate des pouvoirs exceptionnels comme celui de faire pousser les plantes et de garantir de récoltes abondantes. En Afrique, une telle croyance se retrouve chez nombreux peuples autour de la Méditerranée.

Des techniques de peinture artificielle depuis l’Antiquité

Pierre solide et assez résistante (d’une dureté entre 6 et 7), l’agate présente un aspect cristallin translucide et un éclat vitreux. Sa luminescence est généralement blanche, jaune verdâtre ou bleue. Cette forte fluorescence tire souvent sur le vert rouge et le noir. Si ses couleurs sont naturelles, cette gemme peut être coloriée de manière artificielle. Sa constitution poreuse s’y prête parfaitement. Et cette technique de teinture ne date pas de nos jours. Selon les archéologues, les Romains savaient déjà peindre une agate par trempage dans des solutions colorées.
Mais aujourd’hui d’autres couleurs plus vives ont été ajoutées, telles que le rose et le bleu via un trempage dans des bains chimiques. En outre, l’agate offre divers motifs magnifiquement fluides, grâce au fer et au manganèse qui le composent. Toutes ces caractéristiques ont généré une variété de spécimens, dont l’onyx (de couleur noir et blanc), l’agate flamme (de couleur rouge), l’agate mousse (vert mousse) et la sardoine (brun et blanc).

Des gisements aux quatre coins du globe

Ce quartz se forme dans les régions volcaniques, à partir de silice, d’eau et de différents minéraux comme l’oxyde de manganèse et le fer, qui lui donnent ses couleurs chatoyantes et ses bandes particulières. Cette réaction biologique commence avec ces éléments chimiques qui circulent dans les cavités rocheuses pour donner naissance à des cristaux de quartz. D’autres fluides viennent ensuite déposer une nouvelle couche de cristaux. Finalement, la cavité rocheuse finit par se remplir, créant une agate. Les principaux gisements exploités de nos jours se situent dans le sud du Brésil et en Uruguay, autour du fleuve Rio Grande do Sul, où l’on a extrait des spécimens larges de plusieurs mètres.
On extrait aussi de l’agate au Québec, précisément au Mont-Lyall, un ancien volcan qui a produit de la lave il y a 350 millions d’années. Grâce à cet important site, le Canada est considéré comme un des plus gros producteurs d’agate au monde. Des gisements secondaient se trouvent en Inde, en Egypte, en Allemagne, en République Tchèque, en Russie, en Mongolie, en Chine, au Yémen et au Maroc. Des mines de moindre ampleur existent à Madagascar, au Pérou, au Mexique, aux Etats Unis, en Ecosse, en Italie et en Islande. En France, on a découvert un site près de Rennes.

Une belle association avec l’argent

L’Agate résiste bien à l’abrasion, c’est-à-dire à l’usure par frottement. On l’utilise ainsi en chimie et en céramique pour fabriquer des mortiers ou des billes de broyage. Cette pierre sert aussi comme brunissoir pour polir l’or quand il est appliqué en feuille. En bijouterie, on taille l’agate en cabochon pour tirer le meilleur parti de ses inclusions. Sa porosité permet de la traiter facilement et lui donner divers formes et couleurs.
Par ailleurs, les bijoutiers l’associent couramment à l’argent afin de monter des bijoux d’une rare beauté. En effet, grâce à son éclat doux, l’argent permet de mettre en valeur les stries colorées de la pierre. Dans la mythologie, ce minerai est associé à la planète Mercure et à Esculape, dieu de la médecine, à cause de ses nombreuses vertus thérapeutiques. En lithothérapie, ses propriétés permettraient d’apporter de l’équilibre émotionnel, physique et intellectuel en éliminant les blocages énergétiques. En astrologie, cette pierre ne correspond pas à une date d’anniversaire, mais l’on veut qu’elle soit liée à divers signes en se basant uniquement sur ses différentes couleurs. On a notamment le Taureau, le Verseau (vert), le Lion (jaune), la Balance (rouge) et les Poissons (bleu).

Le quartz rose est une variété particulière de quartz

Le quartz rose est une espèce minérale du groupe des silicates se présentant sous deux aspects. D’une part sous la forme de grands cristaux colorés, fumés ou incolores, et d’autre part sous la forme de cristaux microscopiques transparents ou translucides. Dans le premier cas, cette pierre est teintée par des inclusions microscopiques de dumortiérite, et dans le deuxième par d’autres minerais comme le manganèse, l’aluminium, le titane ou le phosphore.
Le quartz rose est une variété particulière de quartz, une grande famille de minéraux qui constitue 12% de la masse de la lithosphère (couche externe de la croûte terrestre constituée de plaques mobiles). Ce minerai tirerait son nom du mot « quaterz » qui désignait jusqu’au XVIIe siècle « les mauvais minerais ». Ce terme regroupait alors tous les cristaux quelle que soit leur composition. Une autre hypothèse veut que le quartz soit issu du mot allemand «gewärz» qui veut dire « excroissance ou germe ». Cette confusion étymologique a d’ailleurs prêté le flanc à l’apparition de plusieurs noms au début de l’histoire pour désigner le quartz rose. On l’appelait notamment rubis de Silésie ou rubis de Bohème. Mais tous ces termes ne sont plus employés de nos jours.

Des vertus physiques et spirituelles

Très tôt dans l’Antiquité, le quartz rose a été considéré comme le symbole de l’amour et du cœur. En Egypte, on attribuait des vertus physiques à cette pierre. On pensait qu’elle aidait par exemple à lutter contre le vieillissement. Ainsi, on la broyait et la réduisait en poudre avant de l’appliquer sur le visage pour enlever les rides. Au Moyen-Orient, on offrait le minerai quartz rose à Astaré, déesse de la fécondité et de l’amour. Une telle croyance avait aussi cours chez les Romains et les Hébreux. Bien d’autres civilisations vénèrent des objets en quartz. Chez les Mayas, on va même plus loin. Une légende raconte que treize crânes de cristal doivent être un jour tous réunis pour que de grands secrets puissent être révélés à l’Humanité. Des crânes de quartz rose ont déjà été découverts en Amérique du Sud, notamment au Guatemala et au Honduras…

Des gisements un peu partout

Le quartz rose a un système cristallin trigonal et une cassure conchoïdale. D’un aspect transparent et parfois opaque, cette pierre présente un éclat vitreux et blanc, mais n’a pas de fluorescence sous les rayons ultraviolets. Sa couleur rose est due aux micros inclusions d’oxydes métalliques (manganèse et titane). Le quartz rose se forme dans les roches magmatiques, comme les pegmatites, et souvent dans les sources hydrothermales. Il est très fréquent sur la planète car l’un des composants du granite. On trouve les plus importants et les plus beaux gisements au Brésil (Minas Gerais), en Uruguay, en Pologne, au Sri Lanka, à Madagascar, aux Etats-Unis, au Canada, en Russie, au Nigeria, en Zambie, au Mozambique, en Namibie et en Tanzanie. Un nouveau gisement de quartz clivé a été mis au jour à Cassongue (Angola).
La plupart des spécimens comprennent des inclusions qui leur donnent un aspect un peu voilé et translucide. Ils ont une couleur qui varie en fonction de la proportion des éléments qui les colorent. Ces teintes vont généralement du rose pâle à la couleur pêche. Aussi, certains exemplaires, dont ceux extraits dans les mines de Madagascar, laissent voir des étranges reflets blancs en forme d’astérisque quand on les taille et polit en cabochons. On parle alors de quartz rose étoilé (avec six branches). Pour ce qui concerne les cristaux particulièrement purs, ils sont parfois taillés à facettes. En matière d’alliage, l’or blanc et l’argent mettent en valeur les douces tonalités du quartz rose.

Attention aux quartz artificiellement teintés

Les bijoutiers recherchent davantage les belles pierres de quartz rose aux reflets et couleurs envoutants, pour créer de jolis bijoux faits main. Mais, attention ! Il existe des contrefaçons ou de modèles artificiellement teintés. Ceux-là comportent des fissures dans lesquelles le rose est plus foncé. Ils n’ont rien en commun avec les quartz roses naturels d’une couleur douce et uniforme.
De nos jours, les parures en quartz n’ont pas qu’une fonction esthétique. Comme dans les temps anciens, on leur accorde aussi un certain pouvoir. En effet, on pense que le port d’un collier en quartz aux enfants agités et hyperactifs permet de les calmer. Le contact avec cette pierre renforcerait la confiance en soi et rassurerait car très douce. De plus, le quartz rose faciliterait la respiration et l’élimination de toxines, en même temps qu’il modérerait la tension artérielle. On associe généralement ce minerai au chakra du cœur. Pour le renforcer, on lui ajoute souvent des pierres comme la rhodonite, le jade ou encore la malachite.

La Tanzanite est une variété de Zoïsite

La Tanzanite est une variété de Zoïsite, un minéral de la famille des Silicates qui peut donner des cristaux striés de tailles variées, les plus gros allant jusqu’à 10 cm². Il s’agit précisément un silicate de calcium et d’aluminium de formule est Ca2 Al3 (SiO4)3 OH. Cette pierre a une teinte bleue à violette due à la présence de vanadium. Elle présente un éclat vitreux, nacré, mais sa fluorescence est nulle. Toutefois, elle trouve sa particularité dans son trichroïsme, une faculté qui permet à une gemme de changer de couleur suivant l’angle d’observation. Le minerai peut ainsi montrer du bleu, du rouge-violet et du bronze.
Contrairement à la plupart des pierres précieuses, la tanzanite a été découverte très récemment, dans les années 1960. La légende veut que les premiers spécimens aient été trouvés par hasard par des bergers Massaï sur les plaines proches du Kilimandjaro, une montagne située dans le Nord-Est de la Tanzanie. De violents orages auraient déclenché un feu de brousse dans les collines du Merelani près du Mont, et fait fuir les bergers. Les flammes ayant passé, ceux-ci seraient revenus sur leurs pas. C’est alors qu’ils découvrirent de magnifiques cailloux bleus, à l’origine gris-bruns, transformés par la chaleur.
Les bergers furent émerveillés devant ces gemmes bleues, d’autant que la couleur bleue est symbole de bonheur et de prospérité chez les Masaï. Ne sachant pas à quoi à quoi ils avaient affaire, ces pasteurs allèrent voir un explorateur pour lui montrer ces mystérieuses pierres. Egalement troublé, celui-ci préféra les envoyer à New York, les faire expertiser par le GIA, (Gemmological Institute of America), qui fait figue d’autorité en matière de minéralogie. Après quelques inspections et analyses, cette institution conclut qu’il s’agissait d’une variété de zoïsite jusqu’alors inconnue.

Essentiellement exploitée en Tanzanie

La tanzanite doit son nom au pays dans lequel il a été découvert et se trouve exclusivement à ce jour : la Tanzanie. Effet, à part des quantités insignifiantes au Pakistan, cette pierre précieuse n’existe que sur ce territoire d’Afrique de l’Est réputée pour ses vastes régions sauvages. La Tanzanie est aussi le seul endroit au monde où on exploite la pierre à ce jour. Les mines se situent essentiellement sur le territoire des Masaï, qui en détiennent 95% du commerce mondial. La plus grande partie de la production de tanzanite est exportée vers l’Inde pour être taillée. Une petite partie finit sur le marché américain. En 2019, un mineur tanzanien a trouvé les deux plus grosses pierres de tanzanite de l’histoire. Elles pesaient respectivement 9,27 et 5,10 kg.
La Tanzanite serait mille fois plus rare que le diamant. Son extraction se fait dans les profondeurs de la terre où elle s’est formée il y a des millions d’années, dans les roches métamorphiques ou dans les pegmatites. Durant la tectonique des plaques, ces roches sont rentrées en fusion sous l’effet de la chaleur. Les zoïsites présents dans la terre se sont alors transformés en différentes variétés, dont les thulites, les anyolites et les tanzanites. Ces dernières contiennent divers éléments chimiques dont l’aluminium, le calcium, le silicium, l’oxygène et l’hydrogène. Selon les géologues, les gisements actuels pourraient complètement s’épuiser dans les 20 prochaines années. Une prévision qui renforce sa valeur.

Chauffer la pierre pour renforcer sa couleur naturelle

La tanzanite est très recherchée en joaillerie pour sa couleur bleue à reflets changeants. Outre le bleu, le rouge-violet et le brun, il existe dans les tons de vert, jaune ou rose. Il y a même des spécimens multicolores, appelés « fancy » ou « caméléon » qui présentent d’incroyables reflets. Malgré tout, les joailliers ont l’habitude de chauffer ces tanzanites (jusqu’à 350 °C) pour renforcer leur couleur naturelle et atténuer les nuances brunes. Ces inclusions étant irréversibles, ce travail doit être fait minutieusement par les gemmologues expérimentés. Ces derniers apprécient aussi particulièrement les inclusions de type « liquide » s’apparentant à des taches d’encre sur la pierre. Ce liquide ou gaz a surgi dans les petites cavités de la tanzanite lors de la formation du minéral.

Des vertus en lithothérapie

Toujours en quête de beauté ultime, les joailliers rehaussent aussi l’éclat des bijoux tanzanite par l’ajout de l’or jaune aux pièces, ou de l’or rose et blanc, de l’argent et du platine. Pour son prix, un accessoire en tanzanite témoigne d’une certaine richesse pour la personne qui le porte. Au-delà de cette considération sociale, la tanzanite aurait un bénéfice sur le moral et le physique de son utilisateur. En effet, cette gemme est réputée améliorer l’ouïe et la vue, apaiser les douleurs abdominales et gastriques, irriguer le système nerveux ou encore régénérer l’organisme. En outre, elle stimulerait l’imagination et la créativité des écrivains, musiciens et tous les autres artistes ou créateurs.